Je ne sais même pas par où commencer!

 

Premièrement, 40 semaines et 3 jours…COMMENT ÇA!! T’a jamais vu qqn être à boute de même d’être enceinte. Ben drôle les 8 premiers mois, mais laaaa, tant qu’à dormir comme d’la merde, est ce que je peux avoir mon bébé avec moi svp? Si vous saviez tout ce que j’ai fait pour accoucher…la tisane de framboisier, marcher, laver, sauter sur le dit ballon, striping, déclenchement en acupuncture…ah et la folle qui joggait enceinte de 40 semaines sur son rang… CÉTAIT MOI! 😛

Bon, deuxièmement, accoucher c’est pas terrible. Un passage ben obligé mais vraiment pas terrible. Je ne fais pas partie de la gang des filles qui trippent sur « expulser un enfant de son corps ». Je trouve ça beau, impressionnant, je trouve que le corps est une puissante machine…mais je trouve aussi que c’est on en a assez enduré pendant la grossesse pour avoir à subir ça. Injuste. Je voyais l’accouchement comme la finalité à toute ça, une dernière go. J’irais même jusqu’à dire que j’avais hâte, ça ne me stressait pas. Allô le déni. Mais j’avais hâte de le voir, hâte de faire de mon chéri un papa (il est déjà beau-papa mais là qu’un mini porte ses gènes), hâte de confirmer qu’il a tous ses membres…hâte que tout ça soit derrière nous et que l’on commence notre nouvelle vie de famille et de pouvoir sniffer non-stop un petit cou de bébé, mon bébé.

 

J’ai honnêtement aucune raison de me plaindre! Mon accouchement a été merveilleux dans la mesure du « merveilleux » possible quand il est question de souffrir le martyr pour donner la vie :/ Voici en gros comment ça s’est passé!

5h30, dimanche le 9 juin 2019, je me réveille tout doucement…le fond de sous-vêtement mouillé. La pudeur en grossesse…tasse ça. Je vous rappelle que j’avais déjà dépassé ma date de qq jours, j’étais du le 6 juin…il était temps que qqch se passe! Je vais donc aux toilettes, un peu de mouillé dans le fond de la bobette mais rien d’énervant…tellement que je retourne me coucher, et mais refais le même cirque 2-3 fois…la 3e fois, me suis bien dit que c’était pas normal, et que les gouttes qui tombaient dans la toilette n’étaient pas de l’urine. Sérieusement, je n’étais même pas certaine de ce qui se passait, mais dégoutter de la zone v était quand même un bon indice. J’ai donc réveillé mon babe pour qu’il aille terminer une job (ARROSER DES PLANTES UN DIMANCHE MATIN misère) qu’il devait finir ce matin là en lui disant de ne pas s’énerver..mais d’y aller là là ahaha.

J’avais donc fissuré ma poche des eaux, comme ça en dormant…WHAT BETTER! Le gros lot du début d’accouchement. J’ai eu le temps de me lever, de ma faire un bol de smoothie, de terminer la vaisselle comme on avait reçu la veille (oh oui) et même de me faire une beauté. HEY, combien de photos tu penses que tu vas prendre cette journée là? Ben c’est ça, prends un 10 minutes pour t’arranger la tête…tu ne le regretteras pas! Vers 8h00 j’ai perdu un peu de sang, ça m’a fait peur (alors que c’était tout à fait normal ahah) et j’ai demandé à Antoine de revenir pour qu’on parte pour l’hôpital. J’ai re-vérifié ma valise une dernière fois, sorti le siège d’auto et attendu mon homme pour le départ!

C’est par-ti!

Mon homme est pas ce qui se fait de plus stressé dans la vie, mais pour une première fois je l’ai senti un peu hors de sa zone. AVEC RAISON. On embarque dans la voiture et on le sait qu’on s’en va accueillir notre tout mini, pas rien. Tout ça pour dire qu’il a oublié le chemin de l’hôpital. J’ai bien ri 😛 Comme je n’avais encore à ce moment eu aucune contraction (DE TOUTE MA GROSSESSE d’ailleurs, merci à mon acu qui a concentré le vrai travail comme elle le disait) j’avais donc encore toute ma tête et était encore étonnamment assez relax. On s’est donc rendu à l’hôpital très facilement selon mes bonnes indications 😉

À partir de ce moment les choses ont déboulé. Oh qu’elles ont déboulé. Quand je suis arrivée à la natalité, j’étais encore dilatée à 4 (faisait 3 sem que j’étais dilatée à  et effacée à 70%) mais maintenant presque totalement effacée. No more col. Ils ont terminé de crever mes os (t’avais raison Amé, ils prennent un éplucheur d’orange pour faire ça :P) et je me suis mise en mode « let’s get this baby out ». C’est à dire, marcher jusqu’à ce que le bébé sorte. Till.The.End. Les infirmières qui me croisaient riaient un peu de moi. Il n’était plus question d’arrêter. On m’a alors proposé de prendre par injection du Pitossin pour accélérer les choses…ce que j’ai refusé. Pas besoin de ça. Je n’avais pas de plan de naissance bien établi, mais je m’étais promise d’y aller le plus naturellement possible. Et j’ai bien fait de refuser, les choses ont escaladé à une vitesse folle à partir de ce moment.

Mes eaux sont crevés, let's get the baby OUT!
Mes eaux sont crevés, let’s get the baby OUT!

De 4 je suis passée à 7 en moins d’une heure et demi. SI je n’avais pas eu de contractions jusqu’à ce moment, là j’en avais et c’était pas endurable. Marie mon acuponctrice me l’avait bien dit, « je vais concentrer ton travail pour qu’il soit efficace ». Concentré il a été, et intense. Gagné Marie! On va mettre quelque chose au clair: y’a AUCUNE maudite position de confortable en contraction! Les miennes duraient 1 minute et revenaient aux 2 minutes..c’est fucking rapide 2 minutes quand tu sais ce qui s’en vient. Le mieux que j’ai trouvé était debout et quand j’en sentais une venir, j’ai une jambe qui se relevait et je tentais de ne pas bloquer ma respiration. J’ai essayé le bain, un genre de bain que tu entres assis dedans et qu’avec une manette on peut coucher. La mort, j’ai détesté. Impossible de vivre une contraction couchée sur le dos. Les points de pression? Oublie ça, d’la marde. La débarbouillette froide était la bienvenue toute fois, surtout quand j’ai pensé tomber dans les pommes tellement je souffrais…

Je tiens à préciser que c’est à ce moment que mon chum a sorti ses meilleurs blagues, c’est à dire me confier qu’il avait mal aux jambes à force d’être assis à côté de moi….qu’il avait aussi le cou un peu raide. Il a aussi trouvé la manette de mon lit. Cali**.  Je ne lui répondais plus, mais je réussissais quand même à le trouver un peu drôle…Non, je n’ai pas crié, non je n’ai pas pleuré, mais j’ai imploré la mort dans ma tête, (pas la sienne, la mienne ahah) même pas des blagues.

Quand j’ai atteint le 7+ de dilatation, la douleur était horrible. L’équivalent de 2 couteaux dans les ovaires et que tu tournes…genre. Personnellement ça partait du bas du dos et ca se dirigeait ensuite à tout le ventre. Je ne COMPRENDS pas pk il faut avoir si mal pour qu’un bébé sorte. Ça te bloque complètement la respiration, c’est pourquoi c’est aussi difficile de respirer normalement. Comme je demandais la mort dans ma tête à ce moment là, je me suis dit que je devais oublier l’idée de faire ça naturellement et que l’épidurale devait m’être administrée dans les minutes qui suivent sinon c’était la fin.

Face d’épidurale

Malheureusement pour moi, l’anesthésiste était en césarienne. Désespoir. Heureusement pour moi, j’ai eu la chance d’accoucher avec la PLUS merveilleuse des infirmières. Mylène, à la Cité de la Santé de Laval, c’est un ange tombé du ciel. Si tu accouches à cet hôpital, je te souhaite de la croiser. J’espère tellement que quelqu’un lira mon récit la connaisse et pourra le lui dire! Elle a été un game changer, si calme, rassurante, positive! Elle est allée se parker devant la salle de césarienne et a attendu l’anesthésiste pour qu’il vienne me voir entre 2…

Wow. Une piqûre. Une minute d’attente. Et le bonheur. J’ai repris goût à la vie. Je n’ai pas une seconde regretté avoir pris l’injection, même 3 semaines plus tard. Je me dis que j’ai fait de mon mieux pour Renaud et moi tout au long de ma grossesse, j’ai essayé de lui offrir le meilleur de moi-même, le plus naturellement possible. Ça, cette piqûre chimique, c’est mon cheat. Heureusement, il n’a pas eu le même effet qu’à Eva, car à ce moment tout mon travail avait été stoppé . Là, au contraire. Une heure est passée, dans le bonheur et les bonnes blagues de mon babe encore une fois (mais là je le trouvais plus drôle) jusqu’à ce que l’infirmière me dise : t’es à 10 ma belle, ça te tentes tu qu’on le pousse ce bébé là? Relax de même, dans le rire et la fébrilité de le rencontrer, je me suis mise à pousser. Ça m’a pris 1 ou 2 coups me rappeler comment il faut pousser comme il faut et à quel point tu dois te défoncer la vie pour le mettre au monde. 4 poussées plus tard, on le déposait sur moi et on était enfin ensemble, tous les 3. Il hurlait sa vie, en avait gros sur le coeur mon petit homme. Normal, il venait de se farcir un sacré marathon. Mais il a fait ça comme un champion.

La suite est belle et douce. Un gros bébé de 52 cm et de 8,1 livres (on m’avait annoncé un 6,5 lbs!) mais comme j’avais dépassé ma date, la prise de poids est alors vraiment rapide et en santé comme je l’ai tant souhaité. Les 2 jours à l’hôpital sont chiants, on va se le dire, mais en même temps vraiment excitants, on est comme sur un high! On s’est fait livré du St-Hubert, mes parents sont venus nous voir, joué au Uno. Un petit week-end à 600$, presque des vacances #not. Un conseil pour ta valise? À part ben des protèges dessous, amène toi des collations et des trucs à boire. J’étais dont contente d’avoir des trucs à grignotter entre les repas autre que des cochonneries de machines distributrices. Des gougounes pour la douche, un jeu de Uno et ben d’la couche neuve serait à ne pas négliger pour votre escapade à l’hôpital.

Reward

 

Y’a aussi le 2e moment que j’attendais le plus, celui de la venue ma poulette d’amour. On a attendu au lendemain pour la rencontre, comme le lundi est notre jour d’échange. Antoine est donc allé la chercher et elle a enfin pu découvrir son petit frère. Elle était émue et assister à cette rencontre était vraiment spécial. La suite est un peu plus rocailleuse, je vous en reparlerai dans un autre récit 😛 Mais Eva est une grande soeur exceptionnelle, Renaud est bien chanceux!

Alors voilà, le retour à la maison s’est bien passé aussi. On a un bébé extraordinaire, qui est relativement facile. S’il pleurt…il a faim! La seule affaire est qu’il a ben ben faim cet enfant. Je passe donc une grande (très grande) partie de ma vie depuis à allaiter ce jeune homme…ce qui me rend moins disponible pour TOUT le reste…tout ça avec un chum qui n’est pas là à cause du travail. Facile? Non…mais quand t’a pas le choix, tu te trouves des moyens pour y arriver. Gotta do! Heureusement, j’ai une maman hyper présente (et tellement bonne avec les bébés) et des amies aussi mamans (ou pas), ce qui me sauve totalement. Rester seule à la maison serait absolument ma mort, je suis chanceuse d’être aussi bien entourée. En vrai je ne suis jamais bien seule, mon petit homme et moi passons nos journées entières ensemble, je pense que je n’ai passé en presqu’un mois qu’une heure sans lui! et ça me va 😀 …pense que lui aussi 😉

Bon, mes seins crevassés et moi allons retourner auprès de mon petit ange qui dort paisiblement à côté de moi, dehors. Y’a plein d’autres choses dont je voudrais vous parler, comme mon allaitement (à marde), la transition avec la grande, mes meilleurs achats bébé jusqu’à présent! Je vous reviens dès que possible! xxx