Ouais tsé.

Le proverbe « y’a Instagram pis la vraie vie » semblerait que ça ne s’applique pas juste aux photos cutes de beaux setups de tables. À l’allaitement aussi.

Je suis à mon 2e enfant, donc je savais quand même à quoi m’attendre. Il faut dire qu’à Eva j’étais plus jeune, moins informée, moins entourée à ce moment de plein de bébés et moins motivée à ce que ça fonctionne l’allaitement. J’ai donc tiré mon lait dès les premiers jours comme clairement ça ne fonctionnait pas au sein. Faite ça pendant qq mois, juste assez pour ensuite pitcher ma machine une bonne journée et ne plus être capable de la regarder par la suite. #aboute

 

Mais là, à Renaud, j’étais mindée, bien motivée et inspirée par toutes ces belles mamans qui allaitent si poétiquement. C’est beau une maman qui donne le sein à son petit, c’est aussi bien pratique, pour mille raisons. Pas rien à « stériliser » (entre vous et moi…je n’ai jamais rien stérilisé, ni à Eva, ni à Renaud…juste lavé à l’eau ben ben chaude et un peu de savon), pas de température à vérifier, pas de date d’expiration, pas e rien à traîner et assez économique (si tu ne calcules pas les millions de canettes d’eau pétillante que tu bois pc que tu boirais un océan). Tellement le fun tout ça, sans compter que tu fonds en clignant des yeux en allaitant (pas la raison pour laquelle tu allaites, mais disons que c’est un gros plus).

Dans ma tête, c’était réglé, j’allais allaiter et clâmer sur mes réseaux comme c’est beau et le fun et un doux moment de connexion avec mon petit homme que j’aime tant.

Calvaire que c’est pas ça qui est arrivé. On va passer pour la poésie de l’allaitement et on va se dire les vraies affaires. Entre le rêve pis le cauchemar, j’te dirais j’hésiterais pas trop à te dire que ça ressemblait plus à terreur nocturne mon affaire qu’à une beau compte de fée.

À l’hôpital, on ne te donne pas bien bien le choix, et c’est correct. On met bébé au sein et on apprend à se connaître, en se collant, en essayant mille positions d’allaitement. Au retour, il était hors de question que je fasse autre chose qu’allaiter: j’allais y arriver. Mais ça ne se tient pas fort fort un petit bonhomme de 2 jours…pas évident à mettre au sein quand t’a la force dans les bras équivalente à celle d’un enfant de 5 ans (je m’entraîne bcp mais je suis reconnue pour être vrmt pas forte…surtout des bras :/ ). Je SAISSS qu’on n’est pas supposé forcer en allaitant, qu’on est supposé être ben installée et le bébé aussi, mais ça ça n’est pas arrivé. J’ai toughé 1 mois, et on les a TOUTE essayé les maudites postures d’allaitement. Mon babe, s’il devait prendre le sein un peu incliné sur le côté, ça ne fonctionnait pas. Donc, mes options étaient assez limitées…et toutes assez inconfortables. J’ai eu pendant ce mois les pires points au dos mais bon. Le pire c’est que des spécialiste sont passés à la maison, venir voir ma position d’allaitement, et ça semblerait que c’était ok…YÉ OU LE FUN.

Bon. 2e chose.

Une crevasse. ESTI QUE CA FAIT MAL. Si vous n’en avez pas eu, vous n’avez pas idée. Mais mettons, pour vous décrire ça un peu, prends un couteau, coupe toi un bout du mamelon, assez creux je dirais, et imagine (j’sais pas te dire imagine qui si t’a pas d’enfant, c’est bizz) mais en tk imagine te faire têter cette plaie. Aux 3h (2h dans mon cas. Mr est glouton.). Ça faisait si mal que je venais les yeux plein d’eau. Donc en plus d’être tout croche, d’avoir des points dans le dos, je me suis mise à avoir une crevasse qui, 1 mois après, n’était toujours pas guéri même après avoir acheté et essayé toutes les crèmes au monde (même un crème de pie de vache oui mme). Comme je disais Renaud a vraiment de l’appétit, donc il boit très souvent aux 2h (encore maintenant). Ça revient ben vite 2h quand en plus ça te prend 30-40 minutes l’allaiter. C’était rendu ma bête noire, un petit picot noir dans ma vie et j’appréhendais chaque prochain boire.

 

On va passer pour la poésie. Je ne sais même pas si j’ai souvenir d’une fois ou c’était doux, confortable, agréable. Peut-être une.

J’ai donc allaité au sein 1 mois. Je n’en pouvais juste plus, sans compter que quand tu allaites, et bien tu es la seule à pouvoir nourrir le bébé. Jour comme nuit. C’est tough. J’ai donc commencé à tirer mon lait pour au moins essayer de guérir ma crevasse mais aussi avoir des provisions pour une soirée que j’avais à venir.

Il n’y a pas eu de retour en arrière. J’ai dû ressortir la machine que j’avais tant en haine et essayer de renouer avec. Je pense que le fait que ça ait permis de guérir mon sein m’a aidé à l’endurer. J’ai une production de lait incroyable, les infirmières déconnent en disant que ce n’est pas du lait que j’ai mais de la crème, je ne pouvais donc pas tout abandonner, ça me twistait par en dedans.

Je tire donc mon lait depuis. Ça fait 1 mois que ma petite machine jaune me suit dans tous mes déplacements. Je la sors aux 3-4 heures, tire, lave, range, prépare les biberons. C’est 48x plus de job, mais au moins ma conscience se porte bien, j’offre le meilleur à mon petit homme (croyance personnelle ici, sans jugement).

Je dois vous avouer que je vis un deuil. J’aurais tellement aimé que ça fonctionne, que j’allaite pendant des mois en galopant (…), heureuse et légère avec 200 belles photos d’allaitement en banque. Mais caline, encore une leçon de la grossesse: lâcher prise. Tu ne contrôles pas tout (#struggle) et même si dans tes rêves c’était ça qui allait arriver, ben wake up pc que c’est pas comme ça que ça se passe dans la réalité. Je suis déçue de moi, frustrée même de ne pas avoir été en mesure d’y arriver, y’a plein de moments ou j’me trouve poche de ne pas avoir réussi à trouver des positions qui allaient bien pour nous, misère ça doit être si compliqué si ça fonctionne pour les autres.

 

J’en suis encore là, pas encore guérie complètement. Je continue à tirer mon lait et à le mettre au sein, maladroitement, au besoin ( à la plage c’est bennnn pratique). Le poulet commence à faire ses nuits, me lever pour tirer commence à être rushant…je vais voir combien de temps encore je vais continuer ça! Des fois l’idée de le remettre au sein me traverse l’esprit, surtout que plus il grandit mieux il se tient, je me dis que pt j’y arriverais mieux…je vs tiendrai au courant 😉

Que je t’aime.